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Ville-étape à mi-chemin de Paris et d'Orléans, en bordure de l'importante voie romaine, elle bénéficie du roulage des personnes et marchandises et se développe à partir du VIe siècle en raison d'une position géographique extrêmement favorable.

Histoire rapide Modifier

Une histoire détaillée est disponible sur Wikipedia, mais également par une groupe d'historiens locaux, qui ont mis à disposition une foule de documents et de détails sur l'histoire de la ville : voir ici.

Dès l’époque gallo-romaine, Étampes était un bourg important. Les anciens auteurs plaçaient ce bourg à St Martin en raison de ce nom médiéval d'Étampes les Vieilles, mais il semble qu'il y ait confusion avec Étampes les Veys (soit les gués d’Étampes), là où l’on franchissait la Louette et la Chalouette sur la route de Paris à Orléans. Les fouilles récentes situerait ce bourg dans l’actuelle zone industrielle au nord de la ville.

St Martin n'était cependant pas inoccupé car des fouilles récente ont mis au jour les restes d’une villa rustica gallo-romaine.

Il est fait état d'une bataille d’Étampes (vers 604) entre l’armée du roi de Neustrie Clotaire II et celle de Thierry II et Thibert II, rois de Bourgogne et d’Austrasie.

Quelle qu'en soit ses origines, on assiste à partir du 10ème siècle au transfert progressif du noyau urbain principal dans l’actuel centre-ville. On attribue ainsi au roi Robert le Pieux la construction d’un palais dans ce castrum, ainsi que celle d’une collégiale nommée Notre-Dame. Deux villes coexistaient alors : Estampes-le-Châtel et Estampes-les-Vieilles.

En 1123, Louis VI le Gros accorda une franchise aux marchands qui s’installaient dans le secteur inhabité qui séparait alors le quartier Notre-Dame du quartier Saint-Martin. Ce fut l’origine du peuplement du quartier Saint-Gilles. Étampes prend alors la physionomie longiligne qu'elle conserve jusqu'à nos jours. Des édifices de prestige sont construits tels que le palais royal où Louis VI et Louis VII résident fréquemment, la collégiale Notre-Dame, l'église Saint-Basile et le château de Guinette entre 1130 et 1200. La place forte servit plus tard de prison à Ingeburge de Danemark, femme répudiée de Philippe Auguste. Ce roi avait fait d’Étampes une des douze bonnes villes de France, disant que c’était « une des meilleures cités du royaume après Orléans et Paris ».

Port etampes

Etampes au XVIIIe siècle, avec la situation de l'ancien port

Les cours d'eau sont rapidement contrôlés et un port fonctionne de 1490 à 1676, préparant des bateaux chargés de grains pour approvisionner Paris par la Juine et l'Essonne. Ce port se situerait au bout de l'actuelle sente des Capucins (voir). Par la suite, Étampes changea plusieurs fois de seigneurs et souffrit énormément des guerres de religions, servant de lieu de garnisons pour les deux camps. Finalement, en 1589, à la demande des habitants, le château et les fortifications furent démantelées.

Durant la Fronde, Turenne y battit une armée frondeuse, le 4 mai 1652 (voir la bataille d'Étampes). L’armée royale fit ensuite le siège de la cité. Cette même année, la ville frappée par la peste fut secourue par saint Vincent de Paul. Les remparts furent relevés avant d'être abandonnés à la Révolution.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Étampes est une plaque tournante du commerce des grains. De nombreuses auberges (plus d'une cinquantaine) s'égrènent le long de la rue principale. L'arrivée du train en 1843 signifiera leur disparitions, à cause du fort déclin du trafic routier. Les travaux de Léon Marquis permettent de se faire une idée de la forte densité de ces établissements (voir la page détaillée).

Bomb etampes

Les effets du bombardement, visibles d'après les taches blanches (Vues IGN 23/09/1946)

La ville subit un bombardement sévère le 10 juin 1944, tuant cent quarante-et-un habitants. Au cours de ce raid important mené par cent huit Lancaster et neuf Mosquito de la RAF, six bombardiers furent détruits. Le quartier Saint-Gilles est détruit à 70% et 150 maisons de la rue Saint-Jacques seront dévastées (voir de nombreux clichés, ici). Libérée le 22 août 1944, Étampes se trouve sur la célèbre Voie de la Liberté.

Au fil de la route... Modifier

Nationale 20 Modifier

Il n'y a aucune difficulté à reconnaitre en la rue Saint-Jacques (et Louis Moreau) le tracé du chemin médiéval qui assurait la communication entre Paris et Orléans. Lieu d'échanges et de commerce, de nombreuses auberges y étaient attenantes et, précise l'auteur, la rue était souvent embouteillée par les transports divers. Une liste et description de ces auberges se retrouve ici.

En revanche, rien n'atteste que la voie romaine passait au même endroit. La construction de la ville médiévale a effacé toute trace d'un éventuel chemin rectiligne entre le bourg romain au nord de la ville et le petit Saint-Mars. Peut-être ces vestiges reposent-ils sous la rue Evezard (aujourd'hui Van Loo), dont l'ancienneté d'accès à Étampes est attestée.

Tout le parcours ci-dessous fut dévié par d'importants travaux de déviations qui furent réalisés au début des années 60 ; le déroulement des travaux est présenté dans ce document joint.

Au nord d’Étampes, le voyageur passait d’abord par le faubourg Evezard. Un vaste espace dit du jeu-de-paume s'y trouvait, qui permit d'établir la gare de la CGB, reliant Etampes à Arpajon et Corbeil. La ligne se prolongeait ensuite le long de la N20 jusque St Martin d'Etampes, par un service particulier. Étampes avait donc son tramway urbain, mais effectué par des locomotives à vapeur, il ne devait pas être très confortable.
Rempart etampes

Tableau représentant la porte Saint-Jacques et le château en ruines d’Étampes.

Pour entrer dans la ville, il fallait franchir les remparts par la Porte Saint-Jacques. Cette porte datait de 1512 et était flanquée de deux tours réunies par un portail voûté surmonté d’un pavillon avec toit aigu. Fortement délabrée, cette porte fut remplacée par des piliers avec chapiteaux d’un seul bloc de pierre, facilitant ainsi la circulation, mais permettant toujours de percevoir péages et octroi. Les piliers furent abattues en 1871, et rien ne rappelle leurs présences (voir), si ce n'est une rue du rempart...

Le long de la rue, nous retrouvons :

  • L’église Saint Basile : Les origines de l'église remontent à 1020 avec une reconstruction totale de l'édifice au XIIe siècle.
  • Le théâtre municipal : initié par une souscription de la population étampoise en 1850, la construction va bon train et l'inauguration a lieu le 2 mai 1852.
  • Si l'on se réfère au travaux de Marquis, la Postes à Chevaux devait se trouver vers le 126 de la rue St-Jacques. Il n'en reste rien aujourd'hui (voir).
  • L'église Saint Gilles, dont les premiers éléments datent de 1123. Elle a souffert du bombardement de 1944.

L'ancien chemin passait ensuite par l’étroite rue d'Enfer et était fermé par la Porte de la Barre ou Saint-Martin. C’était la plus fortifiée de la ville et elle eut le plus à souffrir durant le siège de 1652. La porte menaçant ruine fut démolie en 1772. On profita de cette démolition pour rectifier la rue Saint-Jacques.

Passée la porte, la rue se prolonge le long du Faubourg Saint-Martin. Là encore, de nombreuses auberges se retrouvaient le long de la route, ainsi que l'ancien cimetière de la ville. C'est au croisement de la rue de Saclas, que se séparaient les voies modernes et romaines.

Par la voie moderne Modifier

La rue dessert donc le reste du Faubourg Saint-Martin. Au franchissement de la Louette, se trouvait deux moulins, réputés très anciens. Quelques vestiges, semble-t-il, subsistent aujourd'hui (voir). La rue passe ensuite sous la ligne de chemin de Fer d'Étampes à Beaune-la-Rolande. Ouverte en 1905, mais fermée au service depuis 1970, cette branche ne sert aujourd'hui que de terminus et de retournement aux trains du RER jusqu'à la gare de Saint-Martin.

Au croisement avec la rue de la Bretonnerie, se situait la Porte Brulée, rappelant que St-Martin possédait ses propres moyens de défenses. Rien ne subsiste cependant aujourd'hui.

La collégiale Saint-martin constitue évidemment le cœur de faubourg. Sa construction débute vers 1150 sur un plan en croix latine comportant une nef à trois vaisseaux, un transept non saillant et un chœur entouré d'un déambulatoire ouvert sur trois chapelles rayonnantes. La tour-clocher, penchée depuis l'origine en raison d'un tassement de terrain, est achevée en 1537.

Enfin, la route quittait le faubourg par la Porte d'Orléans, avant d'entamer la difficile montée de la côte de Rogemont.

Par la voie romaine Modifier

Comme dit plus haut, rien ne prouve que la voie romaine commençait par la rue de Saclas, d'autant qu'il fallait franchir deux rivières : la Louette et la Chalouette. C'est néanmoins le seul chemin visible sur les cartes anciennes, permettant l'accès au tracé antique.

Plusieurs moulins se trouvaient à proximité du chemin, au franchissement des rivières, tous disparus aujourd'hui.

Le chemin passait ensuite par le hameau du petit Saint-Mars, avant d'attaquer la montée de Rogemont (voir).

Bibliographie Modifier

Histoire du Faubourg Saint-Martin : [1]

Les fortifications d’Étampes.

Lieux et places d’Étampes : histoire des rues.