FANDOM


DESCRIPTIONModifier

A sa création en 1811, la Route Nationale 10 - sous sa désignation de Route Impériale 11 - est décrite comme la route allant de Paris à Bayonne et en Espagne. Classée comme route de première classe, son rôle stratégique était évident pour relier Paris à l'Espagne le plus rapidement possible. Une nécessité alors que l'empire napoléonien est en pleine guerre contre les insurgés espagnols, lors d'un conflit de longue durée (1808-1813) qui a mobilisé bon nombre d'hommes et de matériels.

Dans le classement Napoléonien, la fin du parcours en Espagne reste vague. Irùn est intégrée à la description de la route, suivi d'un etc. Une extension territoriale au Pays Basque était-elle envisagée dans l'esprit de Napoléon ? Quoi qu'il en soit, l'importance de la route était nette, et entre Bordeaux et Bayonne, il fut préféré un large détour par Langon et Mont de Marsan, plutôt que la ligne droite par les Grandes Landes. Un choix logique, car il faut rappeler que cette partie du département offrait vraiment un paysage désolé et défavorisé de landes, peu propice au ravitaillement d'une armée en campagne.

Le parcours est néanmoins complet dès 1811, mais la N10 subira deux modifications majeures en 1949. Le parcours Rambouillet-Chartres se ferait désormais par Ablis. Quand à Bordeaux-Bayonne, c'est la ligne droite par les Grandes Landes qui était désormais favorisée.

Le tracé étudié passe par les villes suivantes : Paris - Versailles - Rambouillet - Maintenon - Chartres

HISTOIRE Modifier

Appelé à devenir un axe majeur des communications en France, la N10 est pourtant issu de la juxtaposition de plusieurs chemins disparates, voir même de nouvelles routes construites sous l’Ancien Régime. Une route des Postes existe dès 1632 pour relier Paris à Bordeaux, mais elle passait alors bien loin du futur tracé napoléonien.

Ainsi :

  • La partie Paris-Versailles ne doit son aménagement que par l'établissement du château de Louis XIV. Cet axe peut être considéré comme "moderne" à partir de 1680.

  • L'itinéraire Paris -(Versailles)- Chartres se faisait par la future N188.

De Versailles à Rambouillet, s'étendait la grande forêt d'Yvelines, qui ne fut pas défrichée avant le Xe siècle. Il est dès lors étonnant que certains ouvrages parlent d'une voie romaine Paris-Chartres passant par ces lieux déserts et peu sûrs, alors qu"une voie avérée passait plus au sud (Voir la N188). C'est seulement vers 1700 qu'une liaison de Postes fut effective entre Versailles et Chartres, en passant par Maintenon et Rambouillet. On peut s'étonner que ce tracé ait été privilégié au lieu d'un plus logique passant par Ablis et reprenant ensuite le tracé antique jusque Chartres. Supportant déjà une route de Postes, ce parcours devait être praticable et le passage du Gué-de-Longroi n'a rien d'infranchissable, même avec les moyens de l’époque. En revanche, aucun aménagement moderne ne semble exister sur le parcours Rambouillet-Ablis et même la carte Cassini de ce secteur (1755) montre encore une route encore mal définie. Cette partie de route était peut-être une ancienne voie romaine, car après tout, elle se prolonge naturellement vers Orléans, où là, un tracé antique est avéré (a rebasculer surement pour une N191).

Évidemment, ce ne sont pas les résidences princières de Maintenon, Epernon ou Rambouillet qui pouvaient justifier d'y établir une nouvelle route. En revanche, non loin de ces lieux se déroula de véritables travaux pharaoniques vers 1685 : l’établissement du Canal de L'Eure qui visait à alimenter en eau les bassins de Versailles. C'est une véritable armée (30 000 hommes, dit-on) qui œuvra aux terrassements et nul doute qu'il fallut améliorer les communications pour assurer l’intendance d'une telle troupe. Les travaux furent cependant abandonnés dès 1688 mais la route resta, base de notre future N10.

  • La route Chartres-Tours ne sera tracée que sous Louis XV.
  • Le trajet Poitiers-Bordeaux avait un parcours tout autre que l'actuel.

Seule la partie Tours-Poitiers semble avoir une origine romaine certaine.

ITINÉRAIRE Modifier

De Paris à Versailles Modifier

Paris-SèvresModifier

N10-1

Parcours Paris-Sèvres (Google Map)

Passées les limites parisiennes, les origines de la N10 se perdent dans le temps. Ainsi, rien n'indique qu'il existait un vrai chemin pour aboutir au bout de ce méandre de la Seine. Quoi qu'il en soit, la nécessite de relier Versailles à Paris fera qu'une vraie route sera tracée de l'ancien village de Passy à Sèvres, en passant par le hameau de Billancourt. Le passage de la Seine se faisait par un pont en bois terminé en 1684, qui s'appuyait sur l'ile Séguin. Fragile, il donnait peu satisfaction et Napoléon décida sa reconstruction un peu en aval. Les travaux dureront de 1808 à 1820. De cette époque date évidemment la déviation de la route pour joindre ce nouvel édifice. Fragilisé par les bombardements de 1944, le pont sera reconstruit en 1963.

Sèvres-Versailles Modifier

N10 Versailles

Parcours Sèvres-Versailles (Google Map)

Une fois la Seine franchie, la route s'engageait au fond du val du Ru de Marivel,. Un passage encadrée par les deux collines de Bellevue et de Brimborion et permettant un cheminement sans grande contrainte de relief. La route passait également sur la ligne des Moulineaux, ouverte en 1893 et aujourd'hui passage du T2 parisien. La circulation toujours plus importante fera que l'axe sera agrandie au cours du temps. Le vieux centre de Sèvres sera ainsi évitée à partir de 1966, permettant de préserver quelques habitations anciennes (voir ICI ,avec une belle plaque de cocher). Ailleurs sera mis en place une 4 voies et un immense échangeur avec la moderne N118. Du pont de Sèvres à Versailles, la route a supporté également un tramway - un des premiers du genre - de 1857 à 1934.

Toujours en suivant le ru, le route évitait les centres-bourgs de Chaville et Viroflay, sur un parcours plat. Du moins pour les carrosses royaux, car les gardes, eux, devaient passer par Meudon, par un chemin au relief plus prononcé (voir ICI, la N10 à gauche et le Pavé des Gardes - D181 - à droite). Depuis Louis XIV, l'urbanisme a largement rattrapé la route. A noter qu'un autre chemin de Sèvres à Versailles est possible par les rues du Coteau, Joseph Bertrand et Champ Lagarde, représenté également sur l'Atlas Trudaine. Mais passant sur un relief plus accidenté, il devait être surement être peu praticable (voir Généralité de Paris, carte 27). A partir de 1840, le val sera encadré par les deux voies de chemins de fer qui amènent à Versailles-Rive-Gauche et Versailles-Rive-Droite. Le raccordement de Viroflay, passant au dessus de la route, date de 1852.

L'entrée dans Versailles se signale par les grands aménagements que sont la place Louis XIV et la grande Avenue de Paris. Avec 90 m de large, cette 'avenue est l'une des plus large de France. Évidemment, ces aménagements royaux ont effacé toute trace de l'ancien Versailles (jusqu'au vieux village même). Seul un vieux plan (ICI) laisse encore deviner où passait le vieux chemin. Une fois passée la place d'Armes (ICI), le route cheminait dans le domaine de Versailles et même dans le petit parc de Versailles. Le parc était ceint d'un mur et des grilles barraient les routes d'accès (des portions de murs existent encore), mais du temps de l'Ancien Régime, Versailles ne fut jamais un lieu surprotégé et la circulation ne devait pas trop en être impactée (voir Généralité de Paris, carte 28).

De Versailles à Rambouillet Modifier

Versailles-Trappes

N10 St Cyr

Parcours Versailles - Trappes (Google Map)

La route quittait les jardins de Versailles en arrivant à Saint-Cyr-l’École. Elle passait également au dessus de la ligne de Grande-Ceinture Ouest, ouverte en 1883. Une placette, baptisée Porte de Saint-Cyr marquait cette sortie, mais les bâtiments encadrant les murs ont disparu. Du fait des destructions en 1944, la route put être agrandie pour le passage en ville. En la quittant, la route grimpe vers le plateau de Satory. Elle passe également au dessus de la ligne Dreux-St Cyr, établie depuis 1864, puis, sur un curieux aménagement en forme de digue (ICI - on devine encore la vieille route, prise aujourd'hui dans un vaste échangeur) et voit se détacher l'ancien tracé de la N12.

Ce remblai n'est que le reliquat d'un passage entre deux étangs artificiels : l'étang de Bois d'Arcy et l'étang du Bois Robert, qui furent crées dans le cadre du grand projet hydraulique de Versailles, et visant à alimenter en eau tout les bassins du château. Contrairement aux autres aménagements, ces étangs ne seront pas entretenus et semblent asséchés dès le début du XIXe siècle. A peine plus loin, l'étang de St Quentin - toujours en eau, lui - faisait partie du même système. l'Atlas Trudaine représente bien ce système (généralité de Paris, carte 23).

Chasses Versailles1792

Les 4 pavés (ou carrefour de Montigny) en 1792. Extrait de la carte des Chasses du roi.

Avant d'entrer dans le secteur de la ville-nouvelle de St Quentin en Yvelines, la route reçoit l'Autoroute A12. Les grand aménagements fonciers et routiers à partir des années 70, ont complètement bouleversé l’environnement. Les 4 pavés du roy, ancienne placette aménagée, sont méconnaissables aujourd'hui et la route a été largement agrandie pour être en 2x2 voies jusque Rambouillet (Voir ICI, l'état de cette placette). La ligne de Montparnasse à Chartres longe la route depuis 1849.

L'entrée de Trappes était matérialisée par les murs du Grand Parc de Versailles. Une enceinte de 3 mètres, qui ne pouvait également se franchir que par quelques portes. La N10 avait évidemment la sienne : la Porte de Trappes. Il semble que les bâtiments de service encadrant les murs ont subsisté assez longtemps. Village déjà important sous l'ancien régime, Trappes s'est développé le long de la N10, au point qu'il fallut la dévier dès 1953. De Trappes démarrait également la N12, par un aménagement datant de Louis XV (état actuel ICI) et bien que proche de Versailles, un relais de Postes y fut installé.

Trappes-Rambouillet Modifier

Au sortir de Trappes, se situe une vaste gare de triage et de réserves ferroviaires. Établie à partie de 1910, elle prendra tant d'importance qu'elle rognera même une partie de la route originelle. Le parcours de la N10 a repris ici un ancien chemin et n'a été que légèrement rectifiée. L'atlas Trudaine décrit cela parfaitement (généralité de Paris, carte 24), comme il décrit les différents réseaux alimentant le parc de Versailles. Le paysage rural sera par contre bouleversé par l'agrandissement de Maurepas, dans le cadre de l'établissement de la ville nouvelle. La route fut aménagée en conséquence en étant mise en 2x2 voies.

La route passe légèrement à l'écart du bourg de Coignières, qui reçu malgré tout un relais de postes courant XVIIIe siècle. Les hameaux du Gibet et de la Maison Blanche proposaient également de nombreux lieux de restaurations aux voyageurs. Ici aussi, l'urbanisation a largement modifié le paysage et c'est en quittant la Maison-Blanche que l'on peut respirer et apercevoir les premières parcelles agricoles.

Contrairement à ses voisines, Les Essarts-le-Roi n'ont pas du attendre la circulation automobile intense pour obtenir une déviation. Le projet est déjà signalé dans l'Atlas Trudaine (généralité de Paris, carte 25) et les travaux semblent terminés à la Révolution. L'ancien parcours est facilement repérable aujourd'hui.

Le Perray-en-Yvelines a certainement une origine ancienne et s'est développé le long de la route. Mais il est peu probable que la route antique (un chemin pierré...) qui a donné le nom à la ville soit notre N10, vue l'insignifiance du chemin avant Louis XIV. L'entrée en forêt de Rambouillet est marquée par la croix St-Jacques (généralité de Paris, carte 26), érigée, dit-on, sous Louis XV. Elle est toujours présente aujourd'hui (ICI), bien qu'ayant subi plus d'une fois les affres de la circulation qu'il fallut la déplacer. La ville est déviée depuis 1976.

Pour en savoir plus... Modifier

Site d'un passionné ayant visité la nationale de manière approfondie: [1]

Une autre ballade sur la route: [2]

L'encyclopédie de la N10: [3]

Liste des Nationales
Liste des routes nationales historiques de 1 à 50 - Liste des routes nationales historiques de 51 à 100 - Liste des routes nationales historiques de 101 à 150 - Liste des routes nationales historiques de 151 à 200 - Liste des routes nationales historiques de 201 à 212 - Liste des routes nationales historiques de 301 à 350 - Liste des routes nationales historiques de 351 à 400 - Liste des routes nationales historiques de 401 à 450 - Liste des routes nationales historiques de 451 à 500 - Liste des routes nationales historiques de 501 à 550 - Liste des routes nationales historiques de 551 à 600 - Liste des routes nationales historiques de 601 à 650 - Liste des routes nationales historiques de 651 à 700 - Liste des routes nationales historiques de 701 à 750 - Liste des routes nationales historiques de 751 à 800 - Liste des routes nationales historiques de 801 à ....-