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Description Modifier

Cette route a été créée lors du classement napoléonien de 1811, sous la désignation de Route Impériale 201. Elle est alors décrite comme la route de Chartres à Bourg-la-Reine. Elle offrait donc une alternative à la N10 sur le parcours Paris-Chartres. Aujourd’hui, de nombreuses déviations ont été réalisées en reprenant les emprises de la ligne Chartres-Paris par Gallardon, ligne longeant la N188 sur quasi-tout son parcours.

A l'inverse du classement napoléonien, nous ferons débuter notre parcours en région parisienne.

Le tracé étudié passe par les villes suivantes : Massy - Palaiseau - Orsay - Limours -

Histoire Modifier

Le classement reprenait en fait un ancien axe majeur entre Paris et Chartres. Après tout, rien d'étonnant à ce que cette dernière ville, haut lieu des pèlerinages catholiques, soit donc reliée à la capitale par une voie privilégiée. L’existence d'une voie romaine sous la route n'est pas certaine, malgré ce que peuvent prétendre certaines communes. Les cartes anciennes de Peutinger et Antonin ignorent ce chemin : la liaison se faisant alors par Dreux. Il semble cependant qu'un chemin direct existait : ce tracé partait de la voie antique de Paris à Orléans, passait par Palaiseau, puis filait droit vers Dourdan, avant d'obliquer vers Ablis et Chartres. Cette dernière portion, relativement rectiligne, semblerait confirmer cette hypothèse. Juste retour des choses, si ce chemin a réellement existé, il serait recouvert en grande partie par l'Autoroute A10 aujourd'hui.

Quoi qu’il en soit, cette liaison a suffisamment d'importance pour supporter dès 1632 la route de Poste reliant Paris à Chartres, en suivant déjà le tracé actuel. Bizarrement, le nombre de relais diminuera de 1630 à 1700. Au tournant du XVIIIe siècle, cependant, le service abandonnera ce chemin au profit du tracé de la future N10, qui passait par Versailles, Rambouillet et Maintenon. La future N188 garda suffisamment d'importance pour être représentée sur les cartes de Cassini et l'Atlas Trudaine, du moins, jusque St-Arnoult.

Par contre le tracé entre St-Arnoult et Chartres semble tomber dans l'oubli au début du XIXe siècle, les cartographes l’omettaient et représentaient plutôt des liaisons de Chartres par Gallardon ou Auneau. Des parcours bien à l'écart du chemin d’origine, et obligeant à des détours, laissant supposer que notre route devait être bien dégradé et peu propice aux déplacements. Cependant, le classement napoléonien imposa le tracé par Ablis, permettant un accès raccourci vers Chartres. Le question reste posée de savoir si c'est le classement qui entérina une modernisation déjà effectué de la route, ou si c'est la nationalisation qui permit la modernisation.

Itinéraire de Paris à Chartres Modifier

D'Antony à Orsay Modifier

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Parcours Massy-Palaiseau (Google Map)

La route se détache de la N20 à Massy au lieu-dit le Petit-Massy, sur ce qui est aujourd'hui le croisement avec la D66. Depuis les années 60, la route est prise par l’urbanisation et les grands ensembles de Massy-Palaiseau et rien ne rappelle la route bordée d'arbres d'autrefois (Voir Atlas Trudaine, généralité de Paris, carte 15). Passé le centre-ville de Massy, la route (désormais Avenue de Paris) passe sous la Grande-Ceinture sud (1883), permettant de relier Juvisy et Versailles (aujourd'hui, branche C8 du RER C).

Avant d'arriver à Palaiseau, la route a été coupée par l'établissement de l'échangeur autoroutier A10/A126, l'un des plus célèbres reliquats des projets autoroutiers morts-nés des années 70 (Voir ICI, la coupure à Palaiseau. Les platanes rappellent l'alignement de la route). Dans ces projets, l'A10 devait arriver directement vers Paris en suivant la coulée verte laissée par l'abandon de la ligne Paris-Chartres, alors que l'Autoroute A 87 devait ceinturer la petite couronne parisienne. Un gigantesque échangeur en trèfle devait ainsi été construit, dont seules les portées immenses des ponts signalent l'ampleur (Voir ICI).

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Parcours Palaiseau-Orsay (Google Map)

Le parcours dans Palaiseau est facilement repérable, la rue de Paris étant l'axe majeur du bourg et on y trouvait le premier relais de Poste. La route se dirige ensuite vers Orsay en évitant Villebon-sur-Yvette par un tracé qui n'a pas changé depuis sa description par Trudaine (voir généralité de Paris, carte 16) en restant en fond de vallée de l'Yvette. La Ligne de Sceaux se joindra à ce tracé par la suite à partie de 1854. A Orsay, est rencontrée la N446 qui permet un accès rapide vers Versailles. Depuis 1977, ce secteur est dévié par la moderne D188, établie sur la plate-forme du Paris-Chartres.

D'Orsay à Limours Modifier

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Parcours Orsay-Gometz (Google map)

La route évite ensuite Bures-sur-Yvette. Entre Bures et Gometz-le-Chatel, du fait de l'absence de déviation, de simples travaux de réalignement ont été effectués (voir ICI, l'ancien tracé sur la gauche). L'Atlas Trudaine (généralité de Paris, carte 17) nous renseigne sur l'ancien tracé ainsi que sur le projet de rectification de la route à Gometz-le-Châtel, qui visait à dévier le village en évitant un parcours dans le centre par des rues étroites et en pente très raide (voir un aspect, ici). Gometz s'appelait autrefois Saint-Clair, et on y retrouvait le deuxième relais de Poste, nécessaire face aux difficultés de montée pour changer les équipages.

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La rectification, si elle en a atténué les difficultés, consiste quand même en une pente de 7,5% sur 750 mètres; une obstacle redoutable pour les moyens de l'époque. Cette montée est abondamment représentée sur les descriptifs de Gometz, et représentait un défi technique pour les premières voitures. Une course de côte y eut lieu durant les années 20-30. La traversée de Gometz-la-Ville n'a pas changée par contre.

Les deux villages sont déviés depuis 2003, en reprenant en grande partie la plate-forme du Paris-Chartres. Les concepteurs ont eu l'intelligence de rappeler les essais de l’aérotrain qui s'y déroulèrent de 1966 à 1974 (ICI), en préservant même un bout du rail de guidage (ICI). Sur le reste du tracé vers Limours, le rail de guidage est toujours en place (voir ICI).

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Parcours Gometz-Bonnelles (Google map)

Désormais sur le plateau du Hurepoix, la route se déroule de manière rectiligne vers Limours et semble avoir été simplement réalignée et agrandie au XVIIIe siècle (voir Atlas Trudaine - généralité de Paris, carte 18). On y observe quelque vestiges intéressants, comme cette Croix Gohier (ICI) d'origine templière qui était censée apporter protection aux voyageurs (rappelons que nous sommes sur une route de pèlerinages...). Avant d'entrer dans la dépression de Limours, la route passait par le hameau de Chaumusson. La pente étant raide, il fallu aussi dévier le hameau pour adoucir la descente vers Limours, tandis que ce qui sera le rue de Chartres dans Limours même sera simplement rectifiée.

De Limours à Ablis Modifier

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Parcours Bonnelles-St Arnoult (Google map)

La route quitte la dépression de Limours en légère montée jusque l'obstacle de la Butte aux morts. La route est déjà rectifiée à la Révolution pour atténuer la montée et contourner cet obstacle. La vieille route existe toujours et est aujourd'hui un simple chemin forestier. Jusque Bonnelles, la route a aussi été simplement réalignée et dans le village se trouvait le troisième relais de Poste. La déviation date de 1989, ce qui permet d'observer quelques délaissés, ICI et ICI. D'après l'Atlas Trudaine (généralité de Paris, carte 19), il était projeté un nouvelle voie entre Bonnelles et Le Bourgneuf. Finalement, la route ne sera que réalignée avec une rectification plus importante au franchissement de l'Aulne (voir ICI le départ de l'ancien tracé). La route traverse ensuite Rochefort, longeant les parcs de différents châteaux. La déviation a été construite en 1982, en réutilisant encore une fois l'emprise de la ligne Paris-Chartres. Si l'on se réfère à la carte Cassini, il semble que la liaison rectiligne entre Rochefort et Saint-Arnoult n'existait pas encore vers 1750, ou alors, à l'état de projet. La route passait alors par Longvilliers et longeait la Rémarde, évitant la butte du bois de Rochefort (voir le chemin ancien ici). Les travaux allèrent bon train et il semble que la rectification était faite à la Révolution. On notera qu'un quatrième relais de Poste se trouvait également à St Arnoult.

L'atlas Trudaine ne décrit pas plus loin que St Arnoult, signe que le chemin avait peu d’intérêt pour les ingénieurs routiers royaux. La liaison vers Chartres par la futur N10 devait donner pleine satisfaction et donc aucun projet de modernisation n'était à l'étude. Il fallut le classement napoléonien pour inciter à refaire une route moderne (cela est visible sur les dernières Cassini... Avant cela, le tracé vers Chartres se faisant par deux chemins, tel que représenté sur cette carte Delahaye de 1764. Un tracé vers Ablis, passant à l'écart de la route moderne, et un autre passant à proximité d'Auneau.

Le tracé ancien vers Ablis est difficilement discernable aujourd'hui, car cette route, devenu simple chemin d'exploitation a disparu au gré des différents remembrements agricoles et peu de parties ont été goudronnées. Elle est encore visible en quelques endroits, comme ICI, sur ce chemin d'exploitation de la ferme des Bordes, ou ICI, sur ce délaissé causé par le passage de la A11. La vieille route arrivait par ICI, comme le confirme la toponymie.

D'Ablis à Chartres Modifier

Sources Modifier

L'encyclopédie de la N188 : [1]

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